Je vais présenter 4 méthodes de travail pour obtenir des photos en noir et blanc à partir d’un reflex numérique, ici un Nikon D90. Ces méthodes de travail sont basées sur mon expérience et ne sont donc pas des vérités scientifiques ni artistiques ni objectives. A chacun de s’en inspirer s’il le souhaite et de me faire des commentaires et / ou de proposer d’autres façons.
Les 4 méthodes sont :
- Prise de vue en JPEG en mode N&B avec l’utilisation de filtres
- Prise de vue en JPEG avec un mode N&B utilisateur créé à partir de Picture Control
- Prise de vue en NEF (RAW) avec développement RAW sur l’appareil photo
- Prise de vue en NEF et conversion en N&B avec Capture NX2.
Ces méthodes ont des avantages et des inconvénients que je vais présenter. Je vais notamment étudier les critères suivants :
- Résultat obtenu / Puissance de la méthode
- Flexibilité / possibilité de revenir en arrière
- Rapidité / Simplicité du Workflow / traitement par lot
- Coût
1 – Prise de vue en JPEG en mode N&B avec l’utilisation de filtres
Dans ce cas, l’appareil photo est réglé en qualité JPEG.
Le Nikon D90 est fourni avec un mode N&B (Menu Prise de vue / Régler l’optimisation d’image / Monochrome) très fade et qui me satisfait rarement. Le contraste est très faible, les gris prédominent, les noirs sont absents. On peut éditer ce mode (Flèche droite pour Ajuster) et ainsi rajouter du contraste et sélectionner un filtre.
Le filtre rouge contraste fortement la photo. Le rouge devient très lumineux (blanc) tandis que les autres couleurs (bleu et vert) sont obscurcies. Les ciels bleus deviennent quasiment noirs faisant ressortir les nuages. Les feuillages et végétations sont densifiés. Idéal pour les photos de paysage ou pour dramatiser une photo.
Le filtre orange est moins extrême et va aussi densifier les ciels bleus.
Le filtre vert est idéal pour les portraits car il va contraster les lèvres par rapport à la peau. A éviter pour des photos de parcs normands car tout vert.
Si un réglage me plait, je peux le sauvegarder sous un mode utilisateur :
- Menu Prise de vue / Gérer l’optimisation de l’image
- Enregistrer/éditer
- Choisir le mode que je veux éditer, ici le mode Monochrome
- Faire mes modifications
- OK
- Choisir un emplacement, par défaut le premier emplacement libre est sélectionné
- OK
- Renommer le mode (N&B filtre Rouge Contraste par exemple)
- OK
Le mode utilisateur est donc sauvegardé et peut être utilisé à tout moment via Menu Prise de vue / Régler l’optimisation d’image.
Les filtres, en modifiant fortement les couleurs de la photo peuvent faire apparaître du bruit, notamment dans les ciels bleus avec un filtre rouge.
Le mieux est de faire des essais et / ou de consulter les nombreux articles sur Internet. Je ne m’attarde donc pas trop sur cette solution.
En conclusion, cette méthode est la plus simple à mettre en œuvre pour améliorer le contraste du mode N&B de l’appareil photo. En travaillant directement en JPEG pas besoin d’ordinateur pour dérawtiser ses photos. Idéal quand on veut aller vite. L’inconvénient c’est de devoir toujours modifier ses paramètres pour convenir à chaque photo. En enregistrant en JPEG, on ne peut pas revenir en arrière. Gênant quand on veut saisir un moment et que le filtre utilisé n’était pas le bon. Le résultat obtenu est très typé filtre avec un peu de bruit. Bref, peut mieux faire.

Mode N&B de l'appareil photo. Fade, gris, sans noir.

Mode N&B de l'appareil photo avec cle contraste pass de 0/3 2/3. Un peu plus de contraste. Toujours pas de noir.

N&B + filtre rouge. Le ciel est plus sombre. S'il y avait des nuages, ils "sortiraient" (voir gauche de la falaise). Du bruit apparait dans le ciel. La roche me parait trop grise et pas assez blanche.

N&B + filtre vert. Le ciel reste clair ce qui n'est pas trop mal pour cette photo. Le petit nuage gauche de la falaise disparait. La photo reste molle.
2 – Prise de vue en JPEG avec un mode N&B utilisateur créé à partir de Picture Control
Cette méthode est identique à la précédente, à la seule différence que l’on va créer un mode utilisateur via le logiciel Nikon Picture Control et le sauvegarder sur l’appareil photo. Ce logiciel est intégré dans le programme ViewNX2 qui est gratuit, fournit avec l’appareil et facilement téléchargeable sur internet (http://www.nikon.fr/fr_FR/product/software/viewnx2). Il fonctionne sous Windows et Mac OS.
ViewNX2 permet d’organiser ses photos (JPEG, NEF et TIFF) comme l’Explorateur Windows ou le Finder Mac OS, spécialement pour ceux possédant des appareils Nikon. Il permet certaines modifications RAW des images, de modifier leur taille, de les convertir, de les envoyer par email, etc. Il est possible d’appliquer certaines modifications sur plusieurs images à la fois. Bref, le parfait couteau suisse quand on est Nikon.
On va maintenant créer un mode utilisateur avec un contraste plus ‘efficace’ et dont le rendu est plus proche de ce que l’on pouvait obtenir avec un film N&B comme le Kodak TriX 400, ou le Ilford Delta 400.
J’ouvre ViewNX 2, Je sélectionne une photo au format NEF (RAW) qui me servira d’exemple puis je sélectionne le menu Fichier / Lancer le Picture Control utility. Ca me donne ça :

En haut à gauche de la fenêtre on retrouve les modes présents sur l’ordinateur, c’est-à-dire ceux installés en standard sur l’appareil photo plus ceux créés. On peut importer aussi des modes créés par d’autres personnes ou sur un reflex Nikon. En sélectionnant un mode, l’image se modifie automatiquement donc on peut voir directement l’impact et les différences des modes. En haut à droite on retrouve les mêmes paramètres que sur l’appareil photo (voir chapitre plus haut). Enfin en bas à droite on a un histogramme, pour l’instant inactif, appelé ‘Courbe personnalisée’. C’est cette courbe que l’on va modifier.
Je choisis le mode Monochrome qui va me servir de base. En haut à droite, je sélectionne Utiliser la courbe personnalisée. L’histogramme s’active. Celui-ci donne la répartition du nombre de pixel pour chaque valeur de gris(de 0 à 255). 0 étant la valeur correspondant au noir et 255 au blanc. 127 est le gris moyen. Un histogramme porté vers la droite indique une photo plutôt claire voire surexposée et l’inverse vers la gauche. Un histogramme resserré vers le milieux indique une image faiblement contrasté tandis qu’un histogramme bien réparti de 0 à 255 indique une image contrastée ou bien avec toutes les nuances de gris présentes, ce qui n’est pas forcément la même chose.

On peut augmenter le contraste en bougeant les curseurs blanc et noir en forme de triangle (faire glisser). En modifiant ces valeurs, on re-calibre le noir et le blanc de l’image. C’est à dire qu’en réglant le curseur noir sur 20, toutes les nuances entre 0 et 20 auront comme nouvelle valeur 0 et les pixels correspondant apparaîtront noir. Pareil pour le curseur blanc, si on le règle sur 240, toutes les nuances entre 240 et 255 auront comme nouvelle valeur 255 et les pixels correspondant seront blancs. Les autres pixels entre 20 et 240 seront ré-étalonnés et courront entre 0 et 255. On peut le voir en cliquant sur la petite icone en haut à droite de l’histogramme. Celui-ci s’est élargit.
Cette méthode est très efficace pour donner du contraste ou donner du « peps » à des photos N&B comme couleur. Par contre il n’y a pas de miracle. Cette modification est destructrice (tous les pixels entre 0 et 20 et entre 240 et 255 dans mon exemple ont leur valeur forcée à 0 ou à 255). Elle ne « rajoute » pas des nuances ou des couleurs mais recalibre celles-ci entre mon nouveau noir et mon nouveau blanc. Attention à ne pas créer des aplats blancs (les ciels clairs) ou noirs (les ombres) pour ne pas « brûler » ou « boucher » l’image. Les valeurs prises dans l’exemple sont exagérées. Par expérience, j’essaye de ne pas dépasser 10 pour les noirs et 245 pour les blancs.
Pour obtenir un rendu plus naturel, on va créer une courbe en ‘S’ sur cet histogramme. Cette courbe va redéfinir toutes les nuances d’une façon moins linéaire pour garder un poil de matière dans les ombres et les hautes lumières. Pour ce faire, on va modifier la courbe qui est pour l’instant une droite en diagonale allant de mon noir en bas jusqu’à mon blanc en haut.
Je réinitialise mon histogramme (petite icone en bas à droite) de telle façon que mon noir soit sur 0, mon gris moyen au milieu et mon blanc sur 255. Je clique sur la courbe et tout en maintenant cliqué je tire sur celle-ci. Ainsi je crée un point d’ancrage que je peux bouger. La courbe s’adapte automatiquement. Pour supprimer un point, je le fais glisser vers l’extérieur de l’histogramme. Je crée ainsi 3 points d’ancrage pour dessiner mon ‘S’. Je peux bouger plus finement un point en le sélectionnant et utilisant les touches de directions du clavier.

J’ai donc 5 points sur ma courbe. Les 3 créés plus un pour le noir et un pour le blanc. Je peux aussi les bouger.
On peut enregistrer les courbes obtenues et les charger ce qui peut être utile car l’histogramme est vraiment petit à l’écran et les mauvaises manipulations sont rapidement arrivées.
On peut aussi ajouter des filtres (en haut à droite) de la même façon que sur l’appareil.
Je sauvegarde mon mode en cliquant sur le bouton Nouveau en bas à droite de la fenêtre. Je lui donne un nom. Il apparaît désormais dans la liste des modes. Pour ne pas créer de nouveau mode après une modification, je clique sur Remplacer. Cette option n’est pas disponible pour les modes standard.
J’insère la carte mémoire de mon appareil dans le lecteur de carte de mon ordinateur et je clique sur Exporter. Je sélectionne un slot. Je valide. Le mode est sauvegardé sur la carte mémoire. Je l’importe dans l’appareil photo : Menu Prise de vue / Gérer l’optimisation d’image / Enregistrer/charger / Copier vers l’appareil photo. La liste des modes sauvegardés sur la carte apparaît. Je sélectionne celui que je viens de créer. Son détail apparaît. A noter que les paramètres Contraste et Luminosité sont inactifs. Je valide. Je sélectionne un emplacement sur l’appareil. Je valide. Je peux ensuite modifier son nom. Je valide.
Le mode utilisateur est sauvegardé et peut être utilisé à tout moment via Menu Prise de vue / Régler l’optimisation d’image.
Pour ma part, en fouillant sur Internet et en jouant avec des plug-ins de simulation de film je me suis créé un mode humblement nommé ‘TriX 400’ ainsi que 2 autres ‘TriX 400_BL’ (avec moins de contraste dans les ombre pour garder des nuances) et ‘TriX 400_HL’ (avec moins de contraste dans les hautes lumières).
Télécharger les 3 modes.
Dézipper le fichier et le coller à la racine de la carte mémoire de telle façon que l’on ait : Racine / NIKON / CUSTOMPC / PICCON01.NCP…
Attention : pour pouvoir profiter pleinement des courbes de contraste créées, il faut impérativement désactiver l’option D-Lighting actif (Menu Prise de vue / D-Lighting actif / Désactivé). A noter que cette option augmente de façon très significative le bruit dans des conditions de basse lumière.
Les modes créés ainsi sont aussi accessibles dans ViewNX2 dans le panneau Réglage qui apparaît à droite de la photo.

L’image obtenue:

Mon mode customisé 'TriX 400'. Ca pète! J'adore le rendu de la roche. Ca vit! Le petit nuage ressort. L'histogramme va du noir au blanc. Les arbres sont un peu denses. Ca me va. Du bruit apparait dans le ciel.
La suite dans le prochain post…

Tout à fait le tuto dont j’avais besoin !
La 2ème partie dans 2 semaines. Encore plus époustouflant!